L’appel de la route

26 mai 2017. Les pieds me démangent. J’ai bien failli demander à partir plus tôt que prévu de la ferme où je n’ai pourtant passé que 10 jours. Je suis d’ailleurs partie un peu plus tôt que prévu pour profiter un peu de ma traversée de la Transylvanie. Ça y est, je ne tiens plus en place. Je veux reprendre la route. J’appréhende même la nouvelle session de wwoofing qui m’attend dans les Carpates. Pourtant il n’est prévu qu’elle ne dure qu’une semaine… Ça ne m’est encore jamais arrivé. J’ai cette impression que la route m’appelle. Je ne veux plus m’arrêter. Ou alors si je m’arrête, je veux sentir que je suis libre de partir quand cela me chante. Je ne veux plus de barrières, plus de limites, plus de frontières, rien pour me retenir. Je n’appréhende plus mes sessions d’autostop, au contraire, je les attends. J’ai réussi à faire de la route mon voyage… Les étapes passent au second plan, advienne que pourra, je veux voir ou me mène la route et les rencontres. Je n’oublie pas ma destination (J’en vois déjà qui ouvrent grand les yeux… je vous rassure je veux toujours aller au Canada hein), mais aujourd’hui je vois la route d’une autre manière.

Sur la route

C’est une étape importante pour moi, une sorte de révélation. J’appréhendais en partant je ne vous le cache pas d’avoir le mal du voyage, cette envie de rentrer qui s’immisce un peu plus chaque jour, le besoin d’avoir un chez moi… Je suis contente de voir que j’ai beaucoup appris sur moi-même depuis mon expérience de voyage solo au Brésil en 2011.

8 juin 2017. Ma 2ème session wwoofing se termine. 1 semaine. Pas plus. On m’a proposé de rester plus longtemps si je le voulais. D’instinct, dans ma tête, ma réponse a été claire et nette et presque paniquée : Non je n’ai pas envie. J’ai tout de même pris quelques jours pour y réfléchir. Mais pas une seule seconde je n’ai eu cette envie de rester. Ce n’est pas le lieu ou les personnes, j’ai adoré ma semaine dans les Carpates, j’y ai beaucoup appris. Mais je ne peux pas rester, je ne veux pas rester. Et rien que le fait de savoir que je peux rester, me donne envie de partir.

10 juin 2017. Cela fait bientôt 3 mois que je suis en route, c’est officiellement le plus long voyage solo que je n’ai jamais fait. Aujourd’hui mon chez moi est sur mon dos, il pèse environ 18-20kg et il m’accompagne partout. Même si ce n’est pas tout à fait vrai car j’ai laissé derrière moi des affaires chez mes parents, j’ai l’impression que mon sac à dos est tout ce que je possède et que je n’ai besoin de rien de plus. Je le connais par cœur. Son contenu se modifie lentement. J’ai ôté certaines choses et d’autres sont apparues. Le matériel devient quelque chose de pratique et sa valeur réelle s’estompe.

Aujourd’hui je me sens bien. Je pense déjà à mon prochain trajet. Quand? Je ne sais pas. Mais dans pas longtemps. Où? Je ne sais pas non plus. Vers là-bas ou peut-être par là. Un pas après l’autre. Sans précipitation.

Sur la route

Je ne dis pas que cela va durer. Je ne sais pas si cela va durer. Cela durera le temps que cela durera.

La notion de temps se transforme. Je pensais qu’il allait s’accélérer mais ce n’est pas vraiment cela. Je découvre que lorsque l’on a le temps, et par là je veux dire que l’on n’a vraiment pas de limites, on peut alors profiter de chaque instant réellement. Quand on ne sait pas ce qu’il va se passer demain, on profite entièrement du moment présent. En partant en voyage, je me suis libérée des routines quotidiennes qui tuent le temps. Faire des choses sans même y réfléchir, des actions que le corps connait par cœur… C’est cela qui fait que le temps passe vite. Moi qui pensais au début qu’une routine de voyage allait s’installer, car j’en aurais probablement besoin… Finalement chaque jour est différent, je ne fais jamais rien dans le même ordre ni aux mêmes heures. Chaque jour amène son lot de surprises petites ou grandes, bonnes ou mauvaises.

J’avais peur de l’inconnu. Je crois que presque tout le monde a peur de l’inconnu. Aujourd’hui j’apprends à vivre dans l’inconnu, à aller vers l’inconnu, à vivre avec. On s’apprivoise. La route est ma plus grande inconnue et aujourd’hui je cours vers elle, car elle m’appelle.

 

Catregory

6 comments

  • Magali

    Et beh, c’est ben beau ma Laulau, la route t’apporte aussi une jolie inspiration dans l’écriture ^^

    Reply
  • Catherine CADIN

    Salut Lauréline !
    Je suis avec beaucoup d’intérêt au fil des jours ton périple, tes commentaires et tes réflexions sur ton blog.. Tu parles souvent du Canada qui serait le but de ton voyage.Mais quid de ton voyage en Russie ? As-tu renoncé à ce projet ?
    Bonne route et bonne chance,
    Catherine

    Reply
    • Lois

      Bonjour Catherine!
      Merci pour votre commentaire! Non je n’ai pas oublié la Russie mais mon visa ne commence que fin juin. J’avance doucement vers cette destination 🙂
      A bientôt!
      L.

      Reply
  • Math

    Coucou Lolo, tu me donnes envie de revoyager ! c’est quand même bon se sentiment de liberté. bises Mathieu P

    Reply
    • Lois

      Hey!
      Ravie de te voir passer par là 🙂
      Mais tu sais c’est quand tu veux si tu ne sais pas quoi faire de tes vacances passes me voir et faire un bout de chemin avec moi! Je ne suis pas encore arrivée en Alaska… 😉
      Bises

      Reply
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    Loïs : Voyageuse aventurière qui aime danser à ses heures perdues :)

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